Détournement de deniers publics : de personnalités sénégalaises mises à l’index au Canada

PDS

Une enquête du journal de Montréal a révélé que des politiciens, des hauts gradés et des hommes d’affaires, issus des régimes les plus corrompus d’Afrique francophones, investissent depuis des années dans l’immobilier québécois, presque toujours sans prendre d’hypothèque ni éveiller les soupçons.

Dans le lot des dignitaires africains cités, des personnalités sénégalaises, au coeur de ce scandale de l’Amérique des Affaires. En bonne place, figure Me Madické Niang, ancien ministre des affaires étrangères sous le régime Wade et Mamadou Pouye, un vieux copain de collège et, devenu par la force des choses, ami proche de Karim Meïssa Wade, ministre et fils de l’ancien président Abdoulaye.

Madické Niang propriétaire de deux appartements estimés à 594. 500 de dollars

Selon le Journal de Montréal, l’ancien ministre des Affaires étrangères a investi dans des pied-à-terre à Montréal. L’avocat de la famille de l’ex chef de l’Etat sénégalais, Madické Niang, 64 ans, en serait à son deuxième investissement dans le centre-ville.

Le premier appartement se trouve dans un tour à 20 étages, rue Jean-d’Estrées dans le centre-ville de Montréal acquis à prés de 288. 000 dollars. Le second dans l’immeuble de la rue de la Montagne d’une valeur de 306. 000 dollars, au centre-ville. Cette dernière propriété serait, actuellement, occupé par un des fils de l’avocat.

Mamadou Pouye et son appartement à 470. 000 dollars

Selon les révélations de l’enquête, deux semaines après leur défaite à l’élection de mars 2012, une compagnie à numéro, contrôlée par Pouye et sa femme, achetait un condo dans Outremont, pour 470 000 dollars, taxes comprises, sans hypothèque. L’appartement qui se situe à la rue Champagneur a été revendu; c’est à la suite que Mamadou regagne l’Afrique du Sud, après ses graves ennuis à Dakar. En effet, la Cour de Répression de l’Enrichissement illicite (CREI) l’avait condamné à cinq ans de prison, lui reprochant d’avoir orchestré pour Karim Wade le détournement de 69 milliards de francs CFA (environ 160 M$) avant qu’il ne soit, ensuite, gracié par le président Macky Sall, à l’instar de l’ensemble des condamnés dans l’affaire Karim Wade.

Plus tard, en 2016, le nom de Mamadou Pouye a de nouveau fait les manchettes à la publication des Panama Papers, considérant la fuite massive de documents sur les compagnies offshore. Il y figure comme dirigeant et administrateur de deux compagnies du Panama enregistrée par le cabinet Mossack Fonseca et une avocate québécoise à Dubaï, Hélène Mathieu.

Selon l’International Consortium of Investigative Journalists (ICIJ), ces entreprises, Seabury inc. et Latvae Group inc., ont signé des contrats de consultation d’une valeur de 35 M$ US avec le port de Dakar. L’adresse sénégalaise qui figure dans les données de l’ICIJ est la même qu’ont donnée Mamadou Pouye et sa femme quand ils ont enregistré leur compagnie à numéro québécoise.

À Montréal, le notaire ayant signé l’achat de leur appartement en 2012 se charge de leur faire parvenir tout le courrier qu’ils reçoivent à leur propriété. L’an dernier, le Revenu Québec leur a d’ailleurs envoyé une hypothèque légale de 21 797 $, puisque leur entreprise n’avait pas rempli sa déclaration de revenus. Mais, par la suite, Mamadou Pouye dérobe. Sans plus ! Au moment où un regroupement d’intellectuels africains interpellent l’Etat canadien pour enquêter sur cette affaire et sévir au même titre que la France, des sources renseignent encore sur une liste non encore révélée. Les personnalités sénégalaises impliquées dans cette affaire de foncier au Canada seraient encore un nombre. Birima Mangara, actuel ministre délégué au Budget ainsi que l’ancien ministre des Finances Abdoulaye Diop seraient encore dans le lot et figurent en bonne position.

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