Dans la vallée de la Roya, malgré le froid, la traque des migrants continue

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À la frontière franco-italienne, le jeu du chat et de la souris se poursuit entre migrants et forces de l’ordre. Pour éviter les contrôles policiers, les passeurs les entraînent vers des routes de plus en plus dangereuses.

Les bénévoles de l’association d’aide aux migrants Roya citoyenne sont unanimes : le nombre de passages de migrants dans la vallée est bien inférieur à l’année dernière. Mais les passages de l’Italie vers la France ne se sont pas taris pour autant. Les migrants utilisent de nouvelles routes et prennent de plus en plus de risques.  « Les contrôles à la frontière ont été multipliés. Cela fait la joie des passeurs et rend le trajet vers la France bien plus dangereux », souligne Sylvain, un bénévole de la Roya citoyenne. Depuis plusieurs mois, de plus en plus de migrants tentent de passer en France par les Hautes Alpes, en empruntant des chemins hors des sentiers battus, non surveillés, et surtout sans l’équipement adéquat à une marche en pleine neige.

« Les trouver avant la police »

Mais les migrants expliquent ne pas avoir le choix. Malgré leur droit de déposer une demande d’asile en France, ils se font systématiquement reconduire en Italie quand les autorités françaises les interpellent. Entre forces de l’ordre, migrants et bénévoles, c’est l’éternel jeu du chat et de la souris. « On peut mettre les migrants à l’abri mais il faut les trouver avant la police, sinon ils sont renvoyés immédiatement sans aucune prise en charge de leur demande asile, ni de reconnaissance de leur minorité », explique Sylvain.

Les reconduites en Italie de migrants ont été mainte fois dénoncées par les associations qui viennent en aide aux migrants dans la région. Le préfet des Alpes-Maritimes, Georges-François Leclerc, a déjà été, à de nombreuses reprises, pris en défaut par le tribunal administratif de Nice à ce sujet. La justice lui a encore donné tort vendredi 23 février et ordonné l’annulation du renvoi vers l’Italie de 19 mineurs africains non accompagnés.

« Les migrants ne veulent plus aller au centre de Vintimille »

Selon Cédric Herrou, agriculteur et militant pour l’accueil des migrants, « le préfet ne veut pas que les gens passent par [la vallée]. Il préfère qu’ils partent directement vers Paris ou Calais parce que, pour lui, le problème c’est que quand ils passent par chez nous, nous les déclarons à la gendarmerie et à la plateforme d’accueil des demandeurs d’asile de Nice ».

L’agriculteur souligne, lui aussi, que les renvois en Italie obligent les migrants à prendre de gros risques pour passer la frontière. « Ils se mettent en danger, notamment les mineurs. Il y a eu une vingtaine de morts de mineurs à la frontière depuis 2016. Cela pose des questions sur la responsabilité du préfet », dénonce-t-il.

Dans la région, la situation est devenue d’autant plus critique que, côté italien, l’unique centre d’accueil de Vintimille prend désormais les empreintes des migrants. « Cela a commencé il y a environ six mois. Depuis, les migrants ne veulent plus y aller. » À Vintimille, malgré le froid glacial, « ils dorment sous les ponts, même des très jeunes femmes enceintes ou avec des nourrissons », précise Cédric Herrou.

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