France : l’Église catholique prend position contre le recensement des migrants

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L’Église catholique a demandé mercredi 10 janvier, lors d’une conférence de presse, la « sanctuarisation des centres d’hébergement » marquant ainsi son désaccord avec la circulaire du ministre de l’Intérieur français, Gérard Collomb, qui permet le recensement des migrants s’y trouvant.

Les centres d’hébergements doivent être « sanctuarisés ». C’est en ces termes forts que la Conférence des évêques de France (CEF) a pris position mercredi 9 janvier contre la circulaire ministérielle qui permet le recensement des migrants qui y vivent. Dans cette circulaire, plus précisément, le ministère de l’Intérieur a émis le souhait de répertorier les migrants hébergés dans les centres d’urgence pour procéder à leur évaluation administrative (sont-ils déboutés, « dublinés » ou en règle ?)

Lors d’une conférence de presse évoquant la 104e journée mondiale du migrant et du réfugié qui aura lieu dimanche, le père Carlos Caetano responsable de la pastorale des migrants, a estimé que les centres d’hébergements, comme les écoles, les hôpitaux et les lieux de culte sont les « seuls lieux où ces gens peuvent avoir une protection », rapporte l’AFP.

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Conférence de presse à la CEF à quelques jours de la 104e Journee mondiale du Migrant et des Réfugiés.  EgliseMigrants

De nouveaux « couloirs humanitaires »

Les autorités catholiques ont également formulé plusieurs demandes, dans un communiqué qui a suivi la conférence de presse. Elles insistent notamment auprès des autorités françaises sur la mise en place de nouveaux « couloirs humanitaires » afin d’accueillir en France les personnes les plus vulnérables.

En mars dernier, la conférence des évêques de France, en partenariat avec la communauté de Sant’Egidio et d’autres organisations catholiquessignait avec l’Etat un protocole d’accord pour la mise en place de ces couloirs, un programme encore « modeste » mais néanmoins « précieux » pour l’Eglise catholique. « Nous demandons que soit élargies les voies d’accès légales et sures permettant aux personnes menacées de se rendre en France pour y demander l’asile », a insisté lors de la conférence Mgr Denis Jachiet, évêque auxiliaire de Paris, membre de la Commission épiscopale pour la Mission universelle de l’Église au titre de la pastorale des migrants. Il a par ailleurs plaidé pour que les demandeurs d’asile soient autorisés à travailler une fois leur demande déposée. A l’heure actuelle, un demandeur d’asile doit attendre neuf mois avant de pouvoir exercer légalement une activité.

Mgr Jachiet : »Nous demandons une protection particulière pour les jeunes migrants isolés. » 

Mgr Jachiet : « Nous demandons aux responsables politiques d’accorder aux personnes la possibilité de travailler dès les premiers mois de leur demande d’asile »

La question des migrants au cœur du pontificat

L’Église catholique souligne enfin la protection particulière qui doit être accordée aux jeunes migrants isolés dont le nombre en France ne « cesse de croître ». « Un mineur non accompagné est un mineur en danger ! », rappelle l’Église dans son communiqué.

>> Lire aussi sur InfoMigrants : Le pape François appelle à protéger les migrants mineurs 

Dimanche 14 janvier, des cérémonies et des manifestations seront organisées dans le cadre de la 104e journée mondiale du migrant et du réfugié, instituée en 1914 par le pape Benoît XVI. Le pape François célébrera notamment une messe avec des réfugiés. La question des migrants est au cœur de son pontificat. La première bénédiction de l’Angelus, lundi 1er janvier 2018, avait été pour le souverain pontife une nouvelle occasion de rappeler le sort de ceux qui sont disposés « à risquer leur vie » au cours d’un voyage « périlleux » et à « affronter des clôtures de barbelés et des murs dressés pour les tenir loin de leur destination ». Déjà en 2013, pour son premier déplacement hors du Vatican, le pape François s’était rendu sur l’île de Lampedusa, où il avait rendu hommage aux « immigrés morts en mer » et dénoncé « l’indifférence du monde » sur leur sort. Il en était rentré avec 13 demandeurs d’asile à bord de son avion. 

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