L’état réclame un délai pour défendre sa politique d’expulsion des migrants

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Le gouvernement demande un délai – jusqu’au 9 avril ; Il est peu probable qu’il respecte cette date-limite en raison de Pessah.

Le gouvernement a demandé lundi un délai supplémentaire à la Haute cour de justice après avoir échoué à soumettre son explication concernant la légalité de son plan controversé d’expulsion et d’incarcération pour une durée indéterminée des migrants africains qui refuseraient de quitter le territoire israélien.

L’Etat demande que cette date-limite qui avait été ordonnée par le tribunal soit repoussée au 9 avril, même s’il est probable qu’il aura besoin d’une prolongation supplémentaire en raison des fêtes de Pessah.

Le 12 mars, la Haute cour de justice a temporairement gelé les expulsions et demandé au gouvernement de s’attaquer à certains problèmes légaux qui entourent sa politique.

Ce plan a été condamné par les militants israéliens, les survivants de l’Holocauste et les Nations unies. Ils ont estimé qu’il était désorganisé, mal exécuté et dangereux.

La présidente de la Cour suprême Esther Hayut (C) et les juges Hana Meltzer et Niel Hendel arrivent à la Cour suprême de Jérusalem le 12 mars 2018 pour examiner un appel contre l’expulsion de demandeurs d’asile africains. (Hadas Parush/Flash90)

L’Etat a clairement établi que ses procédures administratives en préparation aux expulsions continueront même si le gel ordonné par le Tribunal signifie que l’Autorité de la population ne pourra physiquement faire partir personne du territoire jusqu’à la résolution du dossier.

Néanmoins, l’Autorité de la population continuera à organiser des audiences en vue des expulsions et à octroyer aux demandeurs d’asile des visas de 60 jours pour faire leur choix entre une expulsion et l’emprisonnement. De plus, les demandeurs d’asile qui se trouvent d’ores et déjà dans les prisons israéliennes pour refus d’expulsion ne seront pas libérés.

L’avocat Eitay Mack, qui représente 119 militants israéliens opposés aux expulsions dans le dossier contre le gouvernement, a critiqué l’Autorité de la population qui continue à maintenir derrière les barreaux de la prison de Saharonim les demandeurs d’asile qui refusent de quitter le territoire alors que l’affaire est encore en cours devant la justice.

« Il est impensable que, alors que la nation juive et les Juifs du monde entier célèbrent la fête de la liberté [de Pessah], plusieurs centaines de demandeurs d’asile soient détenus dans les cellules de Saharonim jusqu’à ce que l’état incriminé ait la gentillesse de soumettre sa requête remise à jour », a commenté Mack. Il a également dénoncé l’Etat qui, selon lui, « n’affronte pas la réalité » de son manque de préparation avant le début, le 1er avril, des expulsions, et qui utilise le tribunal pour faire traîner le processus en maintenant les demandeurs d’asile dans l’anxiété et l’incertitude.

Les migrants africains partent du centre de détention de Holot pour aller à la prison de Saharonim, un centre de détention israélien pour demandeurs d’asile africains le 22 février 2018 (Crédit : AFP / MENAHEM KAHANA)

Après la fermeture du centre de détention de Holot le 14 mars, approximativement 300 demandeurs d’asile qui avaient refusé les ordonnances d’expulsion à leur encontre ont été envoyés à la prison Saharonim.

La politique d’expulsion fournit à chaque migrant 3 500 dollars et un billet d’avion vers des pays tiers, qui n’ont pas été officiellement nommés mais qui seraient, selon des informations, l’Ouganda et le Rwanda. Les demandeurs d’asile qui ont déjà été renvoyés vers ces deux pays ont expliqué au Times of Israel avoir affronté de graves dangers et même l’emprisonnement après être arrivés en Afrique sans les documents appropriés.

Il y a environ 38 000 demandeurs d’asile africains en Israël, selon le ministère de l’Intérieur. Environ 72 % sont érythréens et 20 % sont soudanais. La grande majorité d’entre eux sont arrivés entre 2006 et 2012, franchissant illégalement la frontière en provenance d’Égypte. Les Africains disent qu’ils ont fui pour sauver leur vie et font face à un nouveau danger s’ils y retournent.

Israël considère que la grande majorité d’entre eux sont des demandeurs d’emploi – des migrants économiques dont la vie n’était pas en danger dans leur pays d’origine – et déclare qu’il n’a aucune obligation légale de les garder. Les responsables israéliens les appellent communément des « infiltrés ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a déclaré la semaine dernière que le « flux » de migrants était pire que les terroristes du Sinaï, et que les demandeurs d’asile menacent Israël en tant qu’Etat juif et démocratique.

Une manifestation condamnant les expulsions organisée à Tel Avivce week-end a attiré plus de 20 000 personnes.

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