Tunisie : les Kerkennah, base de départs des migrants

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Les réseaux de passeurs se sont établis sur l’archipel plus que partout ailleurs dans le pays. Une mer étale, huileuse, mouchetée de barques laquées de bleu. De la jetée d’El-Attaya, bordée de filets de pêche enroulés en grosses pelotes, on n’aperçoit évidemment pas Lampedusa, l’île italienne située à 160 km au nord-est. On la devine seulement. Ceux des habitants d’El-Attaya qui n’y sont jamais allés ne la connaissent déjà que trop. Elle est dans la tête de chacun. Car c’est de ce village de pêcheurs de l’archipel de Kerkennah que s’embarquent les clandestins vers le rêve européen.

C’est d’ici qu’était partie, le 8 octobre, la petite flotte éparse de barques, chacune chargée d’une dizaine de passagers, qui avaient convergé vers un chalutier mouillant au large, où s’étaient finalement regroupées près de 90 personnes. Par mesure de discrétion, et aussi pour éviter l’ensablement en ces eaux peu profondes, les rassemblements sur les bateaux clandestins s’opèrent toujours à quelques kilomètres des côtes de Kerkennah. Quelques heures après son ­départ, le chalutier a sombré en haute mer après une collision avec un patrouilleur de la marine qui l’avait pris en chasse. Bilan : une cinquantaine de morts et disparus.

Kerkennah, archipel plat, si plat qu’il semble flotter à fleur d’eau, et déplumé de ses palmeraies agonisantes, s’est imposé ces dernières années comme la principale plate-forme de départs vers l’Italie. Située à 20 km au large de Sfax, la grosse cité marchande de l’Est tunisien, Kerkennah n’est pourtant pas l’endroit de Tunisie le plus proche de Lampedusa. Mais les réseaux de passeurs s’y sentent plus à l’aise que partout ailleurs en Tunisie.

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