France
AUDIOS & VIDÉOS,
23/07/2020 06:17

« Elle n’avait que ces deux enfants, elle les a perdus tous en un jour . Leur oncle est venu les chercher. Il devait les amener en ville pour leur acheter des habits pour la tabaski.

Un taxi complètement réduit en ferraille. L’image illustre la gravité de l’accident de qui s’est produit, ce mercredi aux environs de 14h à Nord Foire, sur la route jouxtant le centre aéré BCEAO et le cimetière musulman de Yoff. Un camion fou, sans frein, selon les témoins interrogés, transportant du béton, a dérapé sur environ une distance de 500 mètres. En dérapant, le camion a, dans un premier temps, heurté et tué un marchand ambulant qui n’a pas encore été identifié.

Puis, le camion a traîné un taxi sur une distance de 200 mètres avant de monter carrément sur le dit taxi, le réduisant en résidus ferraille. A bord de ce taxi, il y avait Bineta et Mouhamed, deux frères et sœurs, âgés respectivement de 3 ans et de 7 ans ainsi que leur oncle. Ce dernier s’en est sorti avec des blessés mais ses neveux, coincés dans le véhicule, sont décédés sur le champ, avant même l’arrivée des sapeurs-pompiers qui, informés, n’ont pas perdu de temps à se présenter sur les lieux en même temps que les éléments de la gendarmerie de Foire.

Le bilan de l’accident est lourd. En plus des cas de décès, il y a eu 5 autres dont l’un est, selon Lieutenant-colonel, Papa Ange Michel Diatta, commandant du groupement d’incendie des sapeurs-pompiers de la région de Dakar, dans un état très critique. Chef des opérations de secours, le commandant explique comment ils ont fait pour sauver les blessés.

« On vient de terminer la manœuvre de force. C’est une opération qui a comporté 2 volets. Le premier volet c’était carrément les secours à victimes. L’urgence pour nous était de transporter ces blessés dans des structures sanitaires. Ensuite, il fallait s’atteler aux manœuvres de force. Beaucoup d’engins ont été engagés notamment deux fourgons, des engins lourds d’élevage, des engins pour découper la tôle. Il y’avait aussi des ambulances classiques, deux corbillards et deux ambulances médicalisées pour transporter les blessés », a expliqué le lieutenant Papa Ange Michel Diatta qui, tout de même, précise qu’ils n’ont pas encore fait de diagnostic par rapport à la cause de l’accident.

Nous nous sommes ainsi rapprochés du capitaine de la gendarmerie pour vérifier sur la thèse de l’absence de frein avancé par certains témoins est réelle, celui-ci nous rétorque ceci : « Nous ne pouvons pas, de façon péremptoire, dire qu’il y avait un défaut de frein. Il faut qu’on fasse d’abord la visite technique ».

Le drame a eu lieu à quelques encablures de la maison des deux enfants décédés. Nous y avons fait un tour. L’ambiance est insoutenable, pesante. C’est la triste et la consternation dans le quartier. La maison mortuaire ne désemplit pas. Parents, proches, amis et simples curieux s’y sont convergés pour s’enquérir de la situation et apporter leur soutien à la mère des deux enfants. On l’appelle Fatou Kiné. Elle est inconsolable. Elle se débat en émettant des cris qui font pleurer les autres. « Je n’ai plus envie de vivre. Laissez-moi mourir, j’ai tout perdu », crie-t-elle de toutes ses forces.

Sa douleur est perceptible à mille lieux. « Elle n’avait que ces deux enfants et, elle les a perdus tous en un jour dans des circonstances. Leur oncle est venu les chercher. Il devait les amener en ville pour leur acheter des habits pour la fête de la tabaski. En plus ils préparaient le retour de leur père qui vit actuellement à l’étranger », nous explique une dame qui s’est présentée comme la sœur de la mère des deux défunts mômes.

Le lieutenant-colonel a profité de cet accident pour lancer un cri de cœur à l’endroit des usagers de la route. Constatant qu’il y a eu la prolifération des accidents routiers depuis le depuis l’arrivée des premières pluies à Dakar, il appelle au respect du Code de la route. Il leur demande aussi de diagnostiquer les freins et les essuie-glaces, etc. « C’est un appel que je lance à tous les usagers de la route. Depuis quelques jours on note, des dérapages, des renversements notamment de Ndiaga Ndiaye ou des camions. La visibilité est réduite quand il pleut et la chaussé est glissante. Donc, il faut être prudent », recommande-t-il.

À noter que le chauffeur de camion a pris la tangente après la commission des faits. Les éléments de la gendarmerie de Foire ont ouvert une enquête pour mettre la main sur lui. Quant aux corps des victimes, ils ont été acheminés à l’hôpital pour les besoins de l’autopsie.

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