France
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24/06/2020 07:57

GRÈVE DES TRANSPORTEURS CONTRE LES RESTRICTIONS IMPOSÉES POUR FREINER LE CORONAVIRUS

Depuis un certain temps, le syndicat des transporteurs gambiens ne cesse d’attirer l’attention des autorités sur la non rentabilité de leurs activités causée par l’instauration des mesures de restrictions pour juguler la propagation du coronavirus. A compter de ce lundi, la Gambia Transport Union a mis sa menace à exécution en entamant une grève illimitée. Le nombre de passagers à embarquer est la principale revendication. En attendant une sortie de crise, ce sont les usagers qui paient les pots cassés avec le lot de désagréments auquel ils font face. Hier, ils étaient des centaines à faire le pied de grue pendant plusieurs heures cherchant désespérément à rejoindre leur lieu de travail.

C’était l’école de la patience et la cohue à la sortie des bureaux hier, à Banjul. Il faut jouer les muscles pour espérer trouver une place dans un véhicule de transport en commun.

La mine pâle, Mariama Dramé étudiante, a marché quelques km avant de se retrouver au carrefour de Westfield dans l’espoir de trouver un véhicule pour rentrer chez elle. Ici aussi elle fait le pied de grue pendant une bonne trentaine de minutes. « C’est une décision inopinée, dénonce-t-elle. Elle appelle l’Etat à entamer des négociations avec le syndicat des transporteurs. C’est très dur cette galère sous le soleil ardent. Notre seul salut aujourd’hui réside dans la solidarité, les véhiculés viennent en aide aux usagers ».

A côté d’elle, une autre jeune fille de taille moyenne, sac en bandoulière. Elle attend un véhicule depuis une bonne vingtaine de minutes. Même si elle vit les conséquences fâcheuses de cette grève, elle trouve « sages » les restrictions du gouvernement limitant le nombre de places dans les véhicules de transport en commun.

« Ces restrictions c’est pour notre bien, salue-t-elle. C’est pour nous protéger contre la propagation pour éviter que les gens s’agglutinent dans les bus. Partout ailleurs c’est ainsi. J’approuve totalement cette mesure ».

Une position battue en brèche par les chauffeurs qui dénoncent “un deux poids deux mesures” car les véhicules privés ne respectent forcément pas cette mesure.

Mustapha Secka, taximan, a un chapelet de revendications mais le manque de gare routière est la plus urgente. « Le transport est un maillon essentiel dans un pays. J’invite mes compatriotes à nous rejoindre dans cette lutte. Il nous faut une gare routière pour ramener de l’ordre ». Il dénonce également une concurrence déloyale savamment entretenue. « Il y a beaucoup de véhicules privés qui maraudent. Ici, il y a même des soldats ou policiers taximen. C’est à s’y perdre ».

Aux dernières nouvelles, le syndicat des transporteurs a finalement décidé de suspendre sa grève au bout de 24h, à l’issue des pourparlers entamés avec le ministère de tutelle.

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