Violences sur les journalistes à la gendarmerie de Matam : « nous porterons plainte… », URTELGUI

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Mobilisés à l’escadron mobile numéro 3 de Matam apporter leur soutien à Aboubacar Camara, coordinateur général du groupe Gangan (qui a finalement été libéré aux environs de 18 heures 30 par le TPI de Mafanco), plusieurs journalistes et patrons de presse guinéens ont été victimes de brimade et d’humiliation de toutes sortes de la part des gendarmes, qui ont également cassé leurs objets (téléphones, dictaphones et caméras).

Parmi les dizaines de journalistes et patrons de médias, figurait Sanou Kerfala Cissé, président de l’Union des Radio et Télévisons de Guinée (URTELGUI). Caché dans une maison voisine de la gendarmerie avec d’autres journalistes dont un reporter de Guineematin.com, le président de l’URTELGUI a exprimé sa déception et dénoncé un comportement d’un autre âge des gendarmes de notre pays.

Décryptage !

Guineematin.com : bonjour monsieur le président, vous êtes caché dans une maison ici à Matam, qu’est-ce qui se passe ?

Sanous Kerfala Cissé, ce 31 octobre 2017 à Matam

Sanou Kerfala Cissé : je me demande aujourd’hui si nous sommes réellement dans une République ! La jungle qu’on vient de traverser tout de suite n’est pas l’ouvre des êtres humains. De mémoire de journaliste, après 25 années d’exercice du métier de journaliste, ce que je viens de voir ici, je ne l’ai jamais vu de ma vie. Vous avez été témoin vous-même, les journalistes ont fait l’objet de bastonnades à coup de ceinture, les journalistes sont terrassés au beau milieu du goudron ici, piétinés, leurs chemises déchirées, la plupart sont en sang. Prendre les téléphones, les dictaphones les casser au beau milieu de la route. Je n’ai jamais vu ça avant ! C’est pourquoi, je dis, là, trop c’est trop ! Stop là !

Guineematin.com : vous êtes président de l’URTELGUI, qu’est-ce que vous comptez faire à présent ?

Sanou Kerfala Cissé : Bon ! Nous nous allons faire recours aux voies légales. Nous ferons recours à tous les moyens légaux qui sont à notre disposition pour que nous soyons rétablis dans notre droit. Tout ce qui a été détruit soit remplacé et nous porterons plainte pour coups et blessures sur les journalistes dans l’exercice de leur travail.

Guineematin.com : au-delà de la fonction que vous occupez au sein de l’URTELGUI, vous êtes aussi patron de presse. Vous avez été témoin de ce qui s’est passé ici aujourd’hui. Qu’est-ce que vous comptez faire dans l’avenir pour aider les journalistes à travailler en toute liberté ?

Sanou Kerfala Cissé : vous savez quand vous êtes avec des gens qui comprennent, je pense qu’on peut avancer. Mais, ces individus que je viens de voir là, je pense que la hiérarchie militaire ferrait mieux de reprendre tous ces gens qui étaient sur le terrain aujourd’hui en fonction pour qu’ils retournent encore sur le banc. Parce que çà, ce n’est pas l’œuvre d’un intellectuel. Un gendarme, c’est quelqu’un qui a au moins un esprit de discernement. C’est quelqu’un qui comprend, c’est quelqu’un qui a moins un minimum de savoir. Donc, ce que je viens de voir ici, c’est que tous ces gens doivent reprendre leur formation parce que ce n’est pas républicain ; l’acte qui vient d’être posé n’est pas un acte républicain. Je suis très révolté, j’ai subi les mêmes bastonnades au même titre que vous ; seulement, je n’ai pas été terrassé ! Mais, c’est grave ce qui vient de se passer.

Guineematin.com : un dernier mot ?

Sanou Kerfala Cissé : le dernier mot, je voudrai appeler les autorités, les forces de sécurité à beaucoup plus de retenue parce qu’ils savent pertinemment que ce qui est reproché aujourd’hui au groupe Gangan n’est pas un fait établi. Nous avons dit à qui de droit que Gangan n’est en rien responsable de la rumeur qui a été véhiculée. Et, ceux qui ont rapporté ces informations, ces rumeurs aux autorités doivent payer parce qu’au moins si c’est un ministre qui a reçu l’appel, il sait qui l’a appelé. Nous allons poussé les investigations jusqu’au niveau des différentes sociétés de téléphonies pour repérer tous les appels qui se sont déroulés dans cette périodes-là parce que si ces gens-là connaissaient effectivement leur travail, au-lieu de s’en prendre aux journalistes, au-lieu de s’en prendre à une radio, même si les radios avaient dit, au-lieu de s’en prendre à ces gens-là, c’est d’aller tout droit vers les sociétés de téléphonie. On sait les appels passés par tel et tel pendant telle période ; et, tous les numéros sont aujourd’hui enregistrés. Je ne veux nullement reprendre la formation de quelqu’un ; mais, c’est le minimum en matière d’investigation.

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