Rencontrer des jeunes assis quelque part, concentrés sur leurs téléphones, est devenu un fait habituel, presque banal. Avec l’internet, ils sont toujours accrochés à leurs téléphones, mais au-delà des échanges par Whatsapp, le leader de leur communication, des dessous moins valeureux s’y cachent.

Les jeux d’abord destinés à une détente ou distraction sont majoritairement sur la plupart des téléphones, poussant certains parents, dés leur retour de boulot de céder leur moyen de communication aux ados. Sur ce geste qui les regroupe autour d’un jeu, il n’y a presque rien à dire.

Mais là où le bât blesse avec le numérique, c’est quand il pousse les jeunes vers actes malhonnêtes, voire même délictuels. Les jeux de hasards, qui à priori « aident à faire fortune » dans une distraction ou un sport, peuvent devenir un mal. Très attrayants pour les couches vulnérables, ils peuvent inciter beaucoup d’entre eux à de petits larcins, détournements et à la facilité.

D’ailleurs, Mame S. en atteste. Son fils, après le bac et trois années dans une école supérieure de formation est resté sans boulot, à part des stages à n’en plus finir. Encouragé, par les parents à ne pas se décourager ou baisser la garde, il a pourtant changé du jour au lendemain. Dans un petit service où il exerçait, il a été renvoyé pour une perte de revenus qu’il ne pouvait expliquer.

Mais, après une petite enquête, le problème est découvert avec des dessous inattendus. Le jeune était très endetté auprès de ces proches, soulignant souvent des besoins urgents que des parents lui régler sans arrières pensées. C’est un proche de la famille qui l’apercevait souvent dans des salles de jeu qui a vendu la mèche.

Mais grande a été la surprise de son père au retour de la mosquée de s’entendre lui que celui de son fils est loin d’être un cas isolé. Un homme de son âge qui semble plus « branché » lui a dévoilé avec le numérique combien les jeunes semblent accros à leur téléphone s’adonnent au jeu de hasard.

De leur temps c’est le pari mutuel (PMU) avec les hippodromes qui dominait, mais aujourd’hui force est de reconnaitre que le pari sportif au Sénégal est à son âge d’or.
Jeunes et moins jeunes les parieurs affluent en masse vers les salles de jeu pour se faire de l’argent. Mais ironie du sort, c’est comme s’ils ne savent pas que c’est l’argent des malheureux perdants qu’ils se partagent.

Le pari foot qui consiste à miser sur les grandes rencontres et grands événements sportifs mondiaux, européens ou africains s’appuie surtout sur la chance. Car pour gagner, il faut miser un score entre le gagnant, le perdant où match nul.

Mais pour les jeunes qui ne travaillent pas, où trouvent-ils l’argent qu’ils misent ? Telle est la question qui mérite d’être posée. Car, le cas d’Abdou S, fils de Mame S n’est qu’une illustration d’un mal qui semble devenu une drogue légalisé.

Ils sont des milliers de jeunes élèves à s’adonner aux jeux de hasard, de façon visible dans les salles de jeux reconnus par l’Etat ou clandestins. Mais selon un jeune repenti, au-delà des salles se cachent des milliers joueurs, élèves ou étudiants qui ont opté pour le numérique pour ne pas dire en ligne, dont les comportements en famille ou entre camarades change du jour au lendemain.

« Qu’ils gagnent ou qu’ils perdent, ils n’en parlent jamais et même de l’argent volé peut être attribué au jeu de hasard. » Ajoute-il, comme pour désigner des sources d’enrichissement illicite.

Paradoxalement, au Sénégal, la société nationale dont l’ambition vise à l’amélioration du bien être des couches vulnérables pousse souvent les jeunes vers actes malhonnêtes, voire même délictuels, vers la paresse et la recherche du gain facile. Et aujourd’hui même, le Pmu bien connu des moins jeunes est devenu « online ».

Face à cette tentation des jeunes, l’Etat dispose-t-il d’outils de régulation pour les protéger ?

La question se pose…même si certains « parient » que non !

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