Des applaudissements se font entendre, à 15 heures passées, derrière la porte de la salle de conférence du Building administratif Mamadou Dia. Le lieu abritait ce samedi, 24 avril, les interminables pourparlers entre le staff du ministre du Pétrole et des Énergies, Aïssatou Sophie Gladima, appuyé par le ministère du Travail, et une partie des travailleurs des transports d’hydrocarbures autour de la Confédération nationale des travailleurs du Sénégal (CNTS). La police était également représentée.

L’énième annonce de la levée du mot d’ordre ne surprend donc pas. Mais cette fois-ci, la présence de représentants des chauffeurs, autres que les responsables du syndicat des travailleurs du pétrole et du gaz, changent la donne. À l’issue du huis clos entre les différentes parties prenantes à la rencontre qui a démarré à 13 heures, les acteurs du secteur des hydrocarbures, notamment les pétroliers, peuvent pousser un gros ouf de soulagement car la distribution du carburant, perturbée depuis mercredi, devrait reprendre dès demain.

En effet, il a été retenu, “pour un approvisionnement correct du pays en hydrocarbures”, de “reprendre le travail au niveau des dépôts”, mais également “qu’on puisse livrer le carburant au niveau des stations, des centrales de SENELEC pour la fourniture d’électricité mais aussi au niveau de l’aéroport international Blaise Diagne de Diass (AIBD)”, a décliné le Secrétaire général du ministère du Pétrole et des Énergies, Adama Diallo.

Nouvelle rencontre fixée mercredi prochain, 28 avril

Toutefois, a-t-il précisé, les discussions vont se poursuivre. Car un nouveau rendez-vous a été pris pour aborder les revendications des grévistes. “Nous nous sommes entendus pour voir les conditions de travail des chauffeurs dans les différentes entreprises. Pour cela, le ministère du Travail, dès la semaine prochaine, va faire un contrôle ciblé sur le plan national de ces entreprises pour voir les relations de travail entre chauffeurs et employeurs. Nous avons également retenu de nous retrouver le 28 avril prochain pour démarrer les négociations en vue de conclure la convention collective qui va définitivement normaliser les relations entre employeurs et employés dans le secteur des hydrocarbures”, détaille le collaborateur du ministre de tutelle.

“L’État et le patronat doivent donner de l’importance à ce secteur capital. Cela fait trois jours qu’il est à l’arrêt mais c’est les Sénégalais qui l’ont subi. Cela veut dire que le secteur est important et sensible. Le syndicaliste, son arme, c’est la grève. Mais nous sommes optimistes pour qu’on travaille la main dans la main. Que le travail démarre”, a plaidé le président de l’Union des routiers, Gora Khouma.

Mais une chose est sûre, si leurs revendications (salaires, primes de risques et meilleures conditions de travail, entre autres), ne sont pas satisfaites, les chauffeurs n’excluent pas de mettre ça. Présent, le président des chauffeurs d’hydrocarbures, Mbaye Sène, a été très clair sur ce point.

La preuve ! Au moment des négociations, il y a avait encore de la tension sur le terrain. Car, selon des informations des chauffeurs grévistes, qui menaient la vie dure à leurs camarades qui n’observaient pas le mot d’ordre, ont été même interpellés. Mais ils ont été finalement, tous, relaxés pour un retour à la normale.
Les usages ne demandent que ça.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *