Le projet de redécoupage de la région de Dakar qui impactera sur le département de Rufisque suscite beaucoup de débats et soulève beaucoup de passion dans la vieille ville. Au-devant de la scène des maires, des maires qui se verront avec la nouvelle réforme, amputés d’une bonne partie de leur territoire. Il s’agit principalement des communes de BAMBILOR, YÈNE et de JAAXAY-PARCELLES-NIACOULRAB. Si pour la majorité des maires concernés, ce découpage a un relent politique, pour bon nombre de citoyens, cette réforme ne fait que réparer une injustice causée en 2011 avec l’éclatement de l’ex-communauté rurale de SANGALKAM.

Cette réforme de 2011 avait, en effet, fini de délester de la commune de SANGALKAM de près de 99 % de son espace. Elle avait fini d’être une enclave dans son propre territoire, ce qui est une absurdité tout de même qu’il fallait donc corriger. Pourtant l’administration sénégalaise s’est toujours inscrite dans une logique de rapprocher sans cesse les usagers de ses services par des réaménagements, en tant que de besoin, de son organisation. Elle s’est toujours adaptée aux mutations démographiques et spatiales. Cette volonté s’est manifestée à travers de multiples reformes qui ont jalonné notre politique de décentralisation depuis 1960.
Par ailleurs, lors de sa visite effectuée à Keur Massar à la suite des inondations enregistrées durant l’hivernage 2020, le chef de l’État avait déclaré l’érection de cette commune en département, circonscription administrative, pour corriger les difficultés notées dans l’offre de services administratifs de proximité et de satisfaire une vielle doléance des populations de cette localité. Comme on pouvait s’y attendre, cette mesure aura des conséquences sur les départements limitrophes de Pikine et de Rufisque qui vont être amputés d’une bonne partie de leurs territoires. Pour le département de Rufisque, ce sera la commune de Jaxaay-Parcelles-Niacourab qui sera ainsi concernée.
 
Par ailleurs, d’autres innovations majeures devront être opérées sur toute l’étendue du territoire du département.  Dans cette prospection, l’arrondissement de BAMBILOR attire l’attention au vu de son poids démographique et de sa vaste étendue qui ne permettent pas aux collectivités territoriales qui le composent de jouir pleinement des avantages d’une administration de proximité. En effet, il a été constaté que le chef-lieu d’arrondissement est trop éloigné de certaines communes à lui rattachées en raison de sa situation géographique. Par exemple, les populations de DIAMNIADIO, devaient traverser au moins 03 communes pour se rendre à leur chef-lieu d’arrondissement. La même situation est notée avec la commune de Sébikotane, jusqu’ici rattachée directement à la préfecture de Rufisque. De même que la commune de YÈNE.
 
Toujours dans le souci de corriger les incohérences territoriales et de faciliter aux administrés l’accès aux services administratifs, le Gouvernement a pensé ainsi redessiner la carte territoriale du département de Rufisque par la création d’un arrondissement supplémentaire, celui de DIAMNIADIO. Ce nouvel arrondissement va désormais polariser les communes de YÈNE, de SÉBIKOTANE et de DIAMNIADIO, avec aussi des modifications de leurs périmètres.  DIAMNIADIO ville nouvelle, future capitale administrative du Sénégal, devient donc chef-lieu d’arrondissement.
 
En outre l’arrondissement de BAMBILOR opérera des modifications aussi bien dans sa dénomination que dans les communes qui le composent. Ainsi, le chef-lieu d’arrondissement sera transféré à SANGALKAM et va polariser les communes de SANGALKAM, BAMBILOR et de TIVAOUANE PEULH-NIAGUE. Il faut dire que le siège de la sous-préfecture se trouve déjà installé à SANGALKAM. L’arrondissement de Rufisque-Est, quant à lui, conservera sa configuration actuelle et avec les communes de RUFISQUE-EST, RUFISQUE NORD et RUFISQUE OUEST.
 
Voilà qui justifie le projet de découpage dont la finalité est d’aboutir au rapprochement de l’administration des administrés, satisfaire les missions régaliennes de l’État vis-à-vis de la population par l’implantation de services administratifs de proximité (santé, police, pompiers) et de garantir une meilleure cohérence territoriale favorable à la territorialisation des politiques publiques.
 
Scission de la commune de JAAXAY-PARCELLES-NIACOULRAB
 
Créée par decret n° 2011-706 du 06 juin 2011, la commune de JAAXAY-PARCELLES-NIACOULRAB est née de la scission de l’ancienne communauté rurale de SANGALKAM. Sa population est estimée à 50 817 habitants. Avec ce découpage en vue, la commune de JAAXAY-PARCELLES-NIACOULRAB sera éclatée. Les deux villages traditionnels de NIACOULRAB et de MÉDINA THIOUB resteront dans le département de Rufisque et seront respectivement rattachés à la commune de TVAOUANE-PEULH-NIAGUE et à celle de SANGALKAM. Cela devra permettre une extension économique et industrielle de cette dernière devenue étroite dans sa configuration actuelle. Le rattachement de NIACOULRAB à TIVAOUANE-PEULH-NIAGUE réglera à la fois le problème de proximité des usagers aux services publics mais aussi les problèmes de limites territoriales très récurrentes entre les deux communes dans l’ancien découpage.
 
Une partie de BAMBILOR rattachée à SANGALKAM.
 
Avec le découpage de 2011, la commune de SANGALKAM, ex communauté rurale éponyme s’est retrouvée avec une superficie d’un peu plus de 1 km2 et est devenue une enclave dans la commune de BAMBILOR. Elle rencontre depuis lors d’énormes difficultés d’extension. Dans un souci de corriger ces incohérences territoriales nées de ce découpage, l’Autorité a décidé de rattacher les villages de KOUNOUNE, KOUNOUNE NGALAP, KEUR DAOUDA SARR, KEUR NDIAYE LÔ, CITÉ MBABA GUISSÉ à la commune de SANGALKAM. Même si ces populations ont toujours exprimé le souhait de voir leur localité érigée en commune.
 
En outre, la partie du village de NDIAKHIRATE et la CITÉ DOUDOU BASSE, jusqu’ici rattachées à la commune de BAMBILOR, seront intégrées dans la commune de SANGALKAM. Par ailleurs, la reforme ouvrira à la commune de SANGALKAM des possibilités d’extension économique et industrielle avec les vastes réserves foncières des nouveaux villages qui lui seront rattachés.
 
Création de l’Arrondissement de DIAMNIADIO
 
Afin de mieux désengorger l’Arrondissement de BAMBILOR, qui couvre la superficie la plus grande de la région de Dakar, avec 285 KM2, il est prévu la création de de l’Arrondissement de DIAMNIADIO. Cet arrondissement sera constitué des communes de DIAMNIADIO, YÈNE et SÉBIKOTANE qui dépendaient de la préfecture de Rufisque. En outre, pour des raisons de cohérence territoriale, une partie de NDOUKHOURA, jadis appartenant à YÈNE, sera ainsi rattachée à la commune de DIAMNIADIO.
 
Pour justifier tout ce qui précède, l’autorité s’est basée sur quatre critères.
 
Le critère spatial : l’arrondissement de BAMBILOR, en son état actuel, couvre une superficie de 285 Km2 pour une population estimée à 330 000 hts. Les villages de KOUNOUNE, KOUNOUNE NGALAP, KEUR DAOUDA SARR, KEUR NDIAYE LÔ, CITÉ MBABA GUISSÉ, étaient coupés de leur commune chef-lieu par la commune de SANGALKAM. De ce fait, pour bénéficier des offres de services, ces villages sont obligés de traverser trois villages de SANGALKAM.
 
Le critère démographique : devant l’épuisement des espaces dans la région de Dakar, le département de Rufisque est devenu un pôle d’attraction. Cette nouvelle configuration commande une réadaptation de l’appareil administratif dans tous ses aspects.
 
Le critère économique : DIAMNIADIO est devenu un pôle de développement économique et administratif de la région de Dakar avec des investissements jamais réalisés sur un site dans un aussi bref délai. On assiste ainsi, à l’émergence d’une grande métropole qui va nécessiter une gestion administrative rapprochée. D’où la pertinence d’ériger DIAMNIADIO en arrondissement.
 
Le critère historique : d’un point de vue historique, le rattachement des villages de MÉDINA THIOUB et de NIACOULRAB au nouvel arrondissement de SANGALKAM répond à une volonté de satisfaire le désir d’autochtones Rufisquois qui ne souhaitaient pas être séparés de leur terroir.
 
 
Le Conseil départemental approuve la scission de la commune de Jaxaay.
 
Le projet d’affecter la commune de Jaxaay au futur département de Keur Massar a été voté à la majorité par les 68 présents. En effet les 50 ont voté pour, les 9 contre et les 9 autres se sont abstenus.
 
Selon Souleymane Ndoye, le président du Conseil départemental de Rufisque, « c’était une promesse du président de la République, d’ériger Keur Massar en département. En respectant le code général des collectivités territoriales, on s’est réuni aujourd’hui pour voter ce projet … » Une décision qui n’a pas posé beaucoup de problèmes car historiquement les populations de Jaxaay sont liées à Keur Massar. Elles ont été déplacées à Jaxaay à cause des inondations dans certaines zones de Pikine. « Un nouveau département qui est Keur Massar va se créer, donc cela ne nous pose pas problème qu’une partie de Jaxaay soit amputée de notre département… » , a-t-il fait savoir.  Les problèmes de délimitation des communes ont été abordés lors de cette rencontre par certains conseillers. À ce sujet, le président du Conseil départemental de Rufisque, M. Souleymane Ndoye, s’est voulu ferme et intransigeant. En effet, selon lui, ” la question de la délimitation des communes a été prise en charge par les communes elles-mêmes. On n’est pas là pour débattre de cette question. La question qui nous interpelle est celle de notre limite avec le département de Keur Massar”, a t-il tenu à faire savoir, lors de la session extraordinaire du Conseil départemental de Rufisque qui s’est tenue ce lundi 10 Mai 2021 dans la salle des fêtes de la ville de Rufisque.

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