C’est une vraie claque que le président français a donné à la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest. Emmanuel Macron qui donnait une conférence de presse ce jeudi 10 juin en prélude aux sommets du G7 et de l’Otan, a qualifié d’erreur, la décision des chefs d’État de l’organisation d’intégration régionale d’accompagner les nouvelles autorités maliennes. 
Après le deuxième coup d’État perpétré par le Colonel Assimi Goita en moins d’un an, la CEDEAO s’est réuni en sommet extraordinaire et a suspendu le Mali. Une décision qui n’est accompagnée de sanctions économiques comme ce fut le cas suite au coup d’État du 18 août 2020. 
« Je pense que la décision que la CEDEAO a prise de reconnaître un putschiste militaire 6 mois après lui avoir refusé ce droit, crée une mauvaise jurisprudence pour les africains eux-mêmes. D’abord pour la Cedeao elle-même. Mais ensuite, par le précédent que cela crée pour beaucoup de voisins. Je pense que c’est une erreur », réagit en toute franchise le chef de l’État qui, tout de même, dit respecter la position de ses collègues africains.
Concernant celle de la France, Emmanuel Macron rappelle qu’elle consiste à faire respecter les échéances électorales et les engagements pour le respect des populations civiles, la mise en œuvre des accords d’Alger, mais aussi la clarté avec les groupes djihadistes qui sont dans la région.

Pour le président français, il n’y a pas de dialogue possible ni de compromission avec des groupes terroristes. «On ne peut s’offrir l’ambiguïté. On ne peut pas mener des opérations conjointes avec des pouvoirs qui décident de discuter avec des groupes qui à côté, tirent sur nos enfants », s’interdit le président français qui conditionne la reprise de la coopération militaire avec le Mali au respect des engagements pris par les nouvelles autorités dans le cadre de la médiation entreprise par la CEDEAO.

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