Après le drame qui s’est passé au mois de novembre 2020 dans une crèche dénommée la « Cigogne Bleue », avec le décès de Bébé Dia, âgé de 10 mois, des questions se se posent sur ce qui motive certains parents à envoyer leurs bébés dans les crèches. En effet, les familles sénégalaises tendent de plus en plus à envoyer leurs enfants à bas-âge dans les crèches comme en Occident. La crèche est-elle, ce lieu de sécurité tant rêvé par les parents actifs. La réglementation est-elle de mise dans ces structures dédiées à la petite enfance? Seneweb tente d’apporter quelques éléments de réponse dans ce focus sur la sécurité dans les crèches.
« Vous savez, les raisons qui poussent un parent à amener son enfant dans une crèche sont nombreuses. Certains y envoient leurs enfants parce qu’ils sont contraints par leur travail, pour d’autres c’est l’espace adéquat pour accompagner le développement de leur bébé. Toutes les deux raisons sont valables et méritent le respect qu’il faut. La transformation de la société sénégalaise tend vers une nucléarisation effective des familles et ça commence d’ailleurs », a soutenu  Magor Dia, Papa du bébé décédé en novembre 2020 à la crèche « Cigogne bleue».
D’ailleurs, les rebondissements de l’affaire ont conduit à l’arrestation à la mi-aout 2021 de la directrice et son employée dans le cadre de l’enquête sur la mort de bébé Dia consécutive à une négligence, d’après le rapport d’enquête.

D’après M. Dia, « avec cette configuration actuelle et prospective, nos États devraient s’adapter et donner aux parents les garanties nécessaires afin d’être mieux dans leur travail en respectant la petite enfance. Ce respect passe inévitablement par une réglementation des structures d’accueil de la petite enfance. Nous sommes persuadés que l’Etat s’active à aller dans le sens de réglementer mais c’est lent. A la suite des manifestations du mois de mars, l’Etat a sorti des centaines de milliards après avoir pu décrypter une revendication latente de la jeunesse sénégalaise. 
Là, la revendication est aussi pertinente que celle du mois de mars car il s’agit d’un enfant qui a trouvé la mort dans une structure censée être contrôlée par l’Etat. Cette mort devrait être une alerte pour que l’Etat aille rapidement à l’essentiel avant que ça ne se reproduise. Maintenant, la balle reste toujours dans le camp du Gouvernement du Sénégal, à chacun sa mission pour que cette réglementation se concrétise. De mon côté, je  mènerai ma mission comme il le faut tout étant persuadé que nous y arriverons tous », renchérit-il.
Femme active et…. préférence à la crèche
« Je préfère la crèche, à la nounou car c’est plus sécuritaire que la maison. Ayant déjà essayé la garde à la maison avec ses lots de méfaits. Une qui ne s’intéresse pas au petit, addiction à l’écran télé, retard de langage. Avec mon deuxième enfant, j’ai opté pour la crèche. La crèche s’élève à 35 mille. Nous amenons le matin le repas, le goûter, les couches, un deuxième rechange. J’y ai trouvé mon compte car les horaires sont très flexibles, le matin avant 8h c’est ouvert et le soir avant 18h je récupère mon enfant. Côté hygiène et propreté, j’ai visité la crèche avant l’inscription qui m’a semblé en état et il y a aussi différentes employées. 
Des programmes pédagogiques sont initiés pour chaque tranche d’âge, des goûters d’anniversaire et des fêtes sont organisés régulièrement. La directrice veille à rassurer les parents et le matin au moment de laisser son élève, je sens une véritable prise en charge, une familiarité avec les nounous. Mon enfant au début était réticent mais au fur et à mesure, il  s’est adapté », explique Mme Mbaye qui dépose chaque matin son fils de 26 mois à la crèche avant d’aller au travail.
Ainsi, poursuit-elle, « pour nous les femmes actives, et qui vivent loin de la grande famille, nous n’avons pas le choix. Mais l’option de la crèche constitue une alternative nécessaire pour la garde de notre enfant », estime Mme Mbaye Fatima.
Si certaines mamans préfèrent envoyer leurs bébés dans les crèches et autres garderies, d’autres font le choix de se séparer d’eux, en les envoyant chez leur mère ou autres parents. Agée d’une vingtaine d’années, cette maman d’un enfant de deux ans, qui travaille dans une structure privée à Dakar, a choisi d’envoyer son fils chez sa mère qui se trouve à Saint-Louis. « Vu que je travaille et que je ne peux évidemment pas aller au bureau avec mon fils, j’ai préféré le donner à ma mère qui est hors de Dakar au lieu de l’inscrire dans une crèche.
Je suis un peu effrayée depuis que j’ai entendu qu’un bébé est décédé dans une crèche. Si je l’avais inscrit dans une garderie, je me soucierais de la nourriture et de la manière dont il serait traité. Je ne veux également pas le laisser avec des inconnus en tout cas pas pour le moment », soutient Mme Sarr.

Quid de la réglementation pour l’ouverture d’une crèche… 
Sur l’existence administrative, l’Agence nationale de la petite enfance et de la case des tout-petits a indiqué que toute personne qui désire ouvrir une crèche privée doit rédiger une lettre d’intention en trois exemplaires adressée au Procureur de la République de la circonscription de ressort et au maire de la commune. Les récépissés de dépôt du document auprès de ces autorités devront obligatoirement accompagner le dossier de demande d’autorisation.

Elle a ensuite fait savoir que la crèche dénommée « Cigogne Bleue » ne figure pas sur la base de données de I’Anpectp et par conséquent ne détient aucune autorisation délivrée par son service lors de son ouverture en 2017. En d’autres termes, la « Cigogne Bleue » a violé les dispositions réglementaires qui régissent l’ouverture d’un établissement préscolaire et s’est de ce fait exposée aux sanctions prévues par la loi .
Pour Magor Dia, parent de Bébé Dia décédé des suites d’une négligence, le combat doit continuer contre ceux qui pensent qu’un enfant n’a pas sa place dans une crèche. Un Combat contre ceux qui pensent toujours qu’on doit crier au « ndogolou yalla » même en cas de négligence et d’un non-respect des lois et règlements établis.